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Déguster

Organiser une dégustation de vin entre amis

Une dégustation entre amis n’a pas besoin d’être savante pour être réussie. Elle rate presque toujours pour les mêmes raisons : trop de vins, pas de fil conducteur, et un premier avis lancé à voix haute qui devient celui de toute la table. Voici comment préparer la soirée, du choix du thème au classement final, pour que chacun reparte en sachant un peu mieux ce qu’il aime.

Choisir un fil conducteur

Six vins sans rapport entre eux, on les boit. Six vins reliés par une question, on les compare, et c’est la comparaison qui rend une dégustation intéressante. Quelques thèmes qui marchent bien :

  • Un cépage, plusieurs régions : un chardonnay de Bourgogne, du Jura et d’ailleurs, ou un pinot noir d’Alsace, de Bourgogne et de Loire. On découvre ce qui vient du raisin et ce qui vient du lieu.
  • Une appellation, plusieurs producteurs (ce qu’on appelle une horizontale, idéalement du même millésime) : on mesure la patte de chaque vigneron.
  • Un même vin, plusieurs millésimes (une verticale) : on voit le vin évoluer avec le temps. Parfait pour un anniversaire ou pour ouvrir enfin ces bouteilles qui attendent en cave.
  • Une appellation à trois prix différents, prix cachés jusqu’à la fin. Le classement surprend presque toujours.
  • Chacun apporte sa bouteille, sur un thème et un budget communs, par exemple « un rouge de Loire à moins de 20 € » : la formule la plus conviviale, et chacun défend son vin.
  • Autour d’un plat : plusieurs vins face à un plateau de fromages ou une douzaine d’huîtres, pour voir lequel tient le mieux. Nos guides sur le vin et le fromage et sur les huîtres donnent de bonnes pistes à mettre à l’épreuve.

Combien de vins, de convives et de bouteilles

  • Quatre à six vins. Au-delà, le palais sature, et les derniers vins servis sont jugés moins bien que les premiers.
  • Six à dix personnes. Assez pour que les avis divergent, pas trop pour que tout le monde puisse parler.
  • Environ 5 cl par vin et par personne. Une bouteille de 75 cl donne une quinzaine de doses : une bouteille par vin suffit jusqu’à une dizaine de convives, avec de quoi resservir.
  • Une bouteille de secours. Un vin sur vingt environ est bouchonné. Goûtez chaque bouteille à l’ouverture : une odeur de carton mouillé ou de cave humide, et elle sort du jeu.

Dans quel ordre servir les vins

Un vin puissant ou sucré écrase celui qui le suit. L’ordre classique va donc du plus délicat au plus intense :

  • les bulles et les blancs secs d’abord, puis les rosés ;
  • les rouges, du plus léger au plus tannique ;
  • les vins doux et liquoreux à la toute fin ;
  • dans une verticale, du millésime le plus jeune au plus ancien, en général.

Si vous hésitez entre deux vins, goûtez-les vous-même la veille ou à l’ouverture : c’est le vin, pas son étiquette, qui dit lequel est le plus puissant.

Le matériel, sans en faire trop

  • Un verre à pied par personne, de forme tulipe, rempli au tiers au plus pour pouvoir faire tourner le vin. Entre deux vins, inutile de le laver : un fond du vin suivant, tourné puis jeté, suffit à le rincer.
  • De l’eau et du pain blanc ou des gressins, pour se rincer la bouche. Pas de fromage fort, de vinaigrette, de chocolat ni de piment pendant la dégustation : ils faussent tout ce qui suit.
  • Un crachoir par table, un simple pichet opaque. Six vins à 5 cl font déjà deux à trois verres, et personne ne doit se sentir obligé de tout boire.
  • Les bonnes températures : blancs et bulles entre 8 et 12 °C, rouges entre 15 et 17 °C. Un rouge à 22 °C dans une pièce chauffée paraît lourd et alcoolisé.
  • Pas de parfum ni de bougies parfumées dans la pièce : le nez est le premier outil de la soirée.

Le vrai piège : l’avis des autres

On croit déguster avec la bouche. On déguste aussi avec les yeux, le prix et l’avis du voisin. Deux expériences l’ont montré de façon spectaculaire :

  • En 2001, à la faculté d’œnologie de Bordeaux, des étudiants ont décrit un vin blanc teinté en rouge avec des arômes de fruits rouges, ceux d’un vin rouge. La couleur avait suffi à orienter leurs mots.
  • En 2008, des chercheurs américains ont fait goûter le même vin présenté à deux prix différents. Les participants ont préféré le « plus cher », et l’activité d’une zone du cerveau associée au plaisir augmentait elle aussi.

Entre amis, le biais le plus courant est plus simple encore : la première personne qui parle donne le ton. Si l’amateur éclairé de la table annonce « superbe », il devient difficile de dire qu’on ne l’aime pas. Trois règles suffisent à protéger la soirée :

  • Chacun note seul avant d’en parler. Une note sur 5 et un mot, sur un papier ou dans son téléphone.
  • Les prix restent cachés jusqu’au classement final.
  • Pour aller plus loin, l’aveugle : bouteilles dans une chaussette ou du papier aluminium, numérotées, servies par quelqu’un qui ne participe pas.

Noter simplement

Inutile de distribuer une fiche de dégustation de trois pages. Pour chaque vin, trois choses suffisent : une note sur 5, un mot ou deux (« fruité », « trop boisé », « pas assez frais »), et la seule question qui compte vraiment : est-ce que j’en rachèterais ? Si la soirée tourne autour d’un plat, ajoutez si l’accord a marché. Notre guide pour déguster un vin détaille une méthode simple en quelques étapes.

La révélation et le classement

C’est le meilleur moment de la soirée. Révélez les vins un par un, comparez les notes, et intéressez-vous surtout aux désaccords : le vin qui divise la table en dit souvent plus que celui qui met tout le monde d’accord. Terminez par un classement, et laissez le gagnant repartir avec les honneurs, ou la charge d’organiser la prochaine.

Garder une trace de la soirée

Une semaine plus tard, plus personne ne se souvient du nom du vin qui avait fait l’unanimité. C’est tout l’intérêt d’un carnet de dégustation : retrouver ce qu’on a aimé, le recommander, ou le racheter.

Organiser la soirée avec Vinoteo

Vinoteo propose des sessions de dégustation à plusieurs, gratuites, pensées pour ce déroulé :

  • Vous créez la session depuis Dégustation : un titre, un concept (« trois chardonnays, trois pays »), les plats prévus, et le mode, classique (vins visibles) ou à l’aveugle (voir plus bas). En mode classique, l’option « chacun amène sa bouteille » laisse vos invités ajouter leurs vins.
  • Vous ajoutez les vins en scannant l’étiquette, en les saisissant ou en les piochant dans votre cave.
  • Vos amis vous rejoignent par un lien ou un QR code à scanner sur votre téléphone. Ils créent un compte en quelques secondes, sans avoir besoin d’une cave.
  • Chacun note sur son téléphone : une note sur 5, un commentaire, et pour chaque plat, si l’accord a marché. La note reste facultative : un invité qui préfère juste goûter compte quand même dans les avis.
  • Personne ne voit la note des autres tant que vous n’avez pas révélé le vin : c’est la règle « chacun note seul » appliquée d’office. Vous révélez les vins un par un, puis clôturez la session.
  • Les résultats s’affichent : le « préféré du groupe », la moyenne de chaque vin, les notes de chacun et les accords qui ont le mieux marché.
  • Chacun garde les vins qu’il veut dans son carnet de dégustation, avec ses notes et ses accords. La session reste consultable ensuite dans « Mes sessions ».

La dégustation à l’aveugle, sans chaussette

En mode à l’aveugle, vous préparez seul les vins : vous saisissez leur identité à l’avance, et vos invités ne voient qu’un numéro (n°1, n°2…). Ni le nom, ni la photo de l’étiquette, ni même le format de la bouteille ne s’affichent avant la révélation. Vous pouvez changer l’ordre de service jusqu’au premier vote.

Le jeu est entièrement optionnel, parce que toutes les soirées ne s’y prêtent pas. Vous partez d’un des trois modèles :

  • Convivial : on goûte et on débat à l’aveugle, sans rien deviner ni classer.
  • Jeu entre amis : on devine la région, les cépages et le millésime, avec un podium.
  • Concours : tout est à deviner, avec le classement complet des joueurs.

Puis vous ajustez chaque réglage :

  • Ce qu’il faut deviner : le pays, la région, l’appellation, les cépages, le millésime, en cochant seulement ce qui vous intéresse. Pour une soirée « un cépage, trois pays », le pays suffit.
  • Les points : de 1 à 5 par élément, pour donner plus de poids à ce qui est difficile. Pour les cépages, chaque cépage trouvé rapporte des points et chaque cépage en trop en retire autant : citer tous les cépages au hasard ne paie pas.
  • La tolérance sur le millésime : l’année exacte, à un an près ou à deux ans près.
  • Le classement des vins : un podium selon la note du groupe, ou pas de classement.
  • Le classement des joueurs : aucun, un podium, ou le classement complet. Sans classement, chacun voit quand même sa proposition face à la réponse.

Vos invités choisissent leurs réponses dans des listes, puis notent le vin. Vous, qui connaissez les vins, notez sans jouer. À la révélation de chaque vin, la table découvre son identité, le mot que vous avez préparé pour le présenter, quelque chose à retenir sur son cépage, et chacun voit ses points. Les éléments à deviner et les points se figent au premier vote, pour que les règles ne changent pas en cours de partie ; les classements restent modifiables jusqu’à la clôture.

Une bonne dégustation n’est pas celle où l’on trouve « le bon vin », mais celle où chacun repart en sachant un peu mieux ce qu’il aime.