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Guide pratique

Pourquoi tenir un carnet de dégustation de vin ?

On pense souvent qu'on se souviendra d'un bon vin.

Sur le moment, l'étiquette paraît familière, le nom du domaine semble évident et l'on est certain de reconnaître la bouteille si on la revoit.

Quelques semaines plus tard, il reste parfois une vague impression : un rouge du Rhône, peut-être une Syrah, très bon avec le repas.

Le problème n'est pas la mémoire. C'est simplement qu'un amateur goûte beaucoup plus de vins qu'il ne le pense, dans des contextes très différents.

Un carnet de dégustation sert à une chose simple : ne pas perdre ce que chaque bouteille vous a appris.

Un carnet de dégustation, pour quoi faire ?

Un carnet permet d'abord de conserver une trace.

Mais son intérêt réel apparaît avec le temps.

En notant régulièrement les vins dégustés, vous pouvez commencer à répondre à des questions beaucoup plus intéressantes :

  • quels cépages est-ce que j'apprécie vraiment ?
  • quelles appellations reviennent parmi mes meilleures notes ?
  • est-ce que je préfère les vins légers ou plus puissants ?
  • quels vins ai-je particulièrement aimés au restaurant ?
  • quelles bouteilles aimerais-je retrouver ?
  • est-ce que mes goûts évoluent ?

Autrement dit, un carnet ne sert pas seulement à mémoriser des bouteilles. Il permet progressivement de mieux comprendre votre propre goût.

Que faut-il noter après une dégustation ?

La réponse la plus utile est souvent : moins de choses que vous ne l'imaginez.

Il n'est pas nécessaire de remplir une fiche de dégustation professionnelle à chaque verre. Pour un usage personnel, quatre informations suffisent déjà largement.

1. Le vin

Conservez au minimum :

  • le domaine ou producteur ;
  • la cuvée ;
  • l'appellation ;
  • le millésime ;
  • éventuellement le cépage si vous le connaissez.

Une photo de l'étiquette est particulièrement utile. Elle évite les erreurs de transcription et permet de retrouver facilement la bouteille plus tard.

2. Votre note

Une note simple sur 5 permet de comparer les vins dans le temps, par exemple :

  • 1/5 : je n'aime pas ;
  • 2/5 : peu convaincant ;
  • 3/5 : agréable ;
  • 4/5 : j'aime beaucoup ;
  • 5/5 : bouteille marquante.

Le but n'est pas d'évaluer le vin comme un critique professionnel. La note répond simplement à : à quel point ce vin m'a-t-il plu ? Votre échelle doit surtout être cohérente avec elle-même.

3. Une impression personnelle

Une ou deux phrases suffisent, par exemple :

  • Très fruité, frais et poivré. J'ai beaucoup aimé.
  • Beau nez, mais trop boisé pour moi.
  • Plus léger que ce que je bois habituellement, mais très agréable.

Ces commentaires courts deviennent extrêmement utiles lorsque vous relisez votre historique quelques mois plus tard.

4. Le contexte

Le même vin peut être perçu différemment selon le moment. Il peut donc être intéressant de noter :

  • restaurant ;
  • repas entre amis ;
  • dégustation ;
  • apéritif ;
  • repas particulier ;
  • plat associé.

Le contexte aide aussi à retrouver une bouteille : quel était ce blanc que j'avais beaucoup aimé avec les huîtres ?

Faut-il noter les arômes ?

Oui, si cela vous aide. Non, si cela transforme chaque verre en exercice.

Vous pouvez simplement noter quelques impressions : fruits rouges, agrumes, épices, floral, boisé, minéral.

Il n'est pas nécessaire de trouver précisément vingt arômes différents. Le vocabulaire vient naturellement avec l'expérience.

Et surtout, une phrase comme j'adore son côté frais et poivré est souvent beaucoup plus utile pour comprendre vos goûts qu'une liste de termes techniques recopiés dans un manuel.

Pourquoi noter aussi les vins que l'on n'aime pas ?

Parce qu'ils apprennent souvent autant que les coups de cœur.

Si vous enregistrez uniquement vos meilleures bouteilles, votre historique montre ce que vous aimez, mais beaucoup moins clairement ce que vous évitez.

Une mauvaise expérience permet parfois d'identifier une tendance :

  • trop boisé ;
  • trop tannique ;
  • trop puissant ;
  • trop sucré ;
  • manque de fraîcheur.

Avec plusieurs dégustations, ces impressions commencent à former un profil.

Un carnet utile ne contient pas seulement vos meilleurs vins. Il contient assez d'expériences différentes pour comprendre pourquoi certains styles vous plaisent davantage que d'autres.

Papier, tableur ou application ?

Les trois fonctionnent. Le meilleur outil est celui que vous utiliserez réellement.

Le carnet papier

Il a un avantage évident : il est simple et agréable à utiliser.

Mais retrouver une bouteille ancienne devient vite difficile. Il est également compliqué de comparer ses notes ou de rechercher toutes ses dégustations d'un même cépage.

Le tableur

Il permet de structurer ses données et de filtrer les résultats. Il fonctionne très bien pour quelqu'un qui aime organiser ses informations manuellement.

En revanche, saisir les informations d'une bouteille sur son téléphone après un repas est rarement très naturel.

Une application de dégustation

Elle permet notamment de :

  • photographier ou scanner une bouteille ;
  • retrouver facilement une dégustation ;
  • rechercher par domaine, appellation ou cépage ;
  • conserver l'historique avec soi ;
  • comparer progressivement ses dégustations.

Avec Vinoteo, vous pouvez enregistrer un vin dégusté sans qu'il soit nécessaire de l'ajouter à une cave. C'est utile pour les vins bus au restaurant, chez des amis ou lors d'une dégustation.

Faut-il avoir une cave pour tenir un carnet de dégustation ?

Non.

Les deux usages sont liés, mais différents.

Une cave répond à : quelles bouteilles est-ce que je possède ?

Un carnet de dégustation répond à : quels vins ai-je bus et qu'est-ce que j'en ai pensé ?

Vous pouvez parfaitement vous intéresser au vin, aller au restaurant, participer à des dégustations ou visiter des domaines sans stocker de bouteilles chez vous. Dans ce cas, le carnet devient même votre principal historique personnel autour du vin.

Si vous avez une cave, les deux approches se complètent naturellement. Vous pouvez retrouver la bouteille que vous aviez achetée, savoir quand vous l'avez ouverte et conserver votre impression après dégustation.

Comment commencer sans abandonner après trois bouteilles ?

Le principal risque est de vouloir trop bien faire.

Au début, gardez une règle très simple : une photo, une note, une phrase.

C'est suffisant, par exemple :

Domaine X, Crozes-Hermitage 2022. 4/5. Très fruité, frais, poivré. À reprendre.

Cela prend moins d'une minute. Vous pourrez ensuite enrichir certaines dégustations lorsque vous en avez envie.

Mais si votre système impose dix minutes de saisie après chaque bouteille, il finira probablement par être abandonné.

Relire son carnet est aussi important que le remplir

Un carnet devient vraiment utile lorsqu'on y revient.

Avant d'acheter une bouteille, vous pouvez vérifier si vous avez déjà dégusté le domaine, l'appellation, le cépage ou un millésime proche.

Avant de commander au restaurant, vous pouvez retrouver un style déjà apprécié.

Et lorsque vous hésitez entre plusieurs bouteilles, vos propres notes sont souvent plus pertinentes que l'avis d'un inconnu.

C'est l'un des changements les plus intéressants lorsque l'historique commence à grandir : vous cessez progressivement de choisir uniquement à partir de réputations générales et commencez à utiliser votre propre expérience.

Quand le carnet commence à comprendre vos goûts

Un carnet de dégustation devient encore plus intéressant lorsqu'il ne se contente plus de stocker vos anciennes notes.

À mesure que votre historique grandit, certaines tendances commencent à devenir suffisamment fiables pour être interprétées.

Après une dégustation, Vinoteo peut alors mettre en avant un enseignement principal, par exemple :

  • Vous confirmez votre préférence pour la Syrah.
  • Ce Pinot noir vous a davantage plu que ceux dégustés jusqu'ici.
  • Vous dégustez souvent des Bordeaux, mais vos meilleures notes vont actuellement plutôt au Rhône.

Toutes les dégustations ne donnent pas forcément lieu à une conclusion sur vos goûts. Selon votre historique, Vinoteo peut aussi mettre en avant :

  • une nouvelle découverte, comme un premier cépage ou une première appellation ;
  • une information utile sur le vin dégusté ;
  • une progression dans votre exploration ;
  • ou un enseignement personnel lorsqu'un signal devient suffisamment fiable.

L'idée est simple : chaque dégustation doit pouvoir vous apprendre quelque chose sans inventer une préférence à partir de trop peu de données.

Ces enseignements viennent progressivement enrichir Votre palais, l'espace dans lequel Vinoteo rassemble ce qu'il commence à comprendre de vos préférences.

Le carnet ne répond donc plus seulement à : qu'est-ce que j'ai bu ? Il commence aussi à répondre à : qu'est-ce que mes dégustations m'apprennent sur mes goûts ?

Et si vos goûts changent ?

C'est normal.

Le but d'un carnet n'est pas de vous enfermer dans un profil définitif. Au contraire.

En découvrant de nouveaux cépages, appellations ou styles, vos préférences peuvent évoluer. Un vin que vous n'auriez pas apprécié cinq ans plus tôt peut devenir aujourd'hui un coup de cœur.

Votre historique permet alors de voir cette évolution plutôt que de considérer vos goûts comme une liste figée.

Ne cherchez pas à construire votre profil avant de boire

Une autre erreur serait de transformer le carnet en questionnaire.

Il n'est pas nécessaire de décider au préalable : j'aime les vins peu tanniques, très acides et moyennement boisés.

Ces réponses sont difficiles lorsque l'on manque encore de points de comparaison.

Il est souvent plus naturel de faire l'inverse :

  1. dégustez normalement ;
  2. notez simplement ce que vous aimez ou non ;
  3. laissez les tendances apparaître avec le temps.

Votre palais se construit à partir de bouteilles réelles, pas à partir d'un formulaire.

Le meilleur carnet est celui qui vous donne envie de goûter davantage

Un carnet de dégustation ne devrait pas transformer le vin en collection de données. Il doit au contraire encourager la curiosité.

Lorsque vous savez ce que vous avez déjà dégusté, il devient plus facile de sortir de vos habitudes :

  • découvrir une nouvelle appellation ;
  • comparer deux cépages ;
  • essayer une région inconnue ;
  • revenir sur un vin dégusté quelques années plus tôt.

Chaque nouvelle bouteille enrichit alors votre historique.

Et progressivement, le carnet répond moins à qu'est-ce que j'ai bu ? et davantage à qu'est-ce que j'aime vraiment ?